RS&DE pour startups et PME en démarrage : ce qu'il faut savoir avant la première réclamation
Découvrez comment le RS&DE s'applique aux startups et PME dès leur démarrage, même sans profit, et préparez une première réclamation solide.

Une jeune entreprise qui n’a pas encore généré de profits peut hésiter à réclamer un crédit d’impôt en recherche et développement, convaincue que cette aide est réservée aux grandes sociétés établies. Pourtant, le RS&DE startup PME s’adresse justement aux entreprises en démarrage qui prennent des risques technologiques, peu importe leur chiffre d’affaires.
Cet article explique qui est admissible, comment se préparer et quelles erreurs éviter avant de déposer une première demande de crédit d’impôt en recherche scientifique et développement expérimental.
Pourquoi le RS&DE startup PME s’applique dès le démarrage
Le programme RS&DE est administré par l’Agence du revenu du Canada (ARC) et récompense les entreprises qui tentent de résoudre une incertitude technologique, peu importe leur taille ou leur stade de croissance. Une entreprise en démarrage qui développe un nouveau procédé, un algorithme ou un prototype peut être admissible dès sa première année d’activité.
Trois critères déterminent l’admissibilité d’un projet : un avancement scientifique ou technologique visé, une incertitude quant à la façon d’y parvenir, et une démarche systématique par expérimentation ou analyse. Ces critères s’appliquent de la même façon à une équipe de deux personnes qu’à un service de recherche de cent employés.
RS&DE démarrage, aucune exigence de profitabilité
Le crédit RS&DE remboursable ne dépend pas du revenu imposable de l’entreprise. Une société privée sous contrôle canadien peut recevoir un remboursement en argent même si elle affiche une perte fiscale, ce qui en fait un outil de financement particulièrement pertinent pour une entreprise qui investit massivement en développement avant de générer des revenus stables.
RS&DE jeune entreprise, les signes d’admissibilité
Toutes les activités de développement ne se qualifient pas automatiquement. Une RS&DE jeune entreprise doit démontrer que son équipe a fait face à un problème technique dont la solution n’était pas connue d’avance, et non simplement suivi un mode d’emploi existant.
Voici des signes qui indiquent qu’un projet en démarrage pourrait être admissible :
- L’équipe a formulé une hypothèse technique, puis l’a testée par essais successifs.
- Le résultat final n’était pas garanti au départ, même avec une bonne planification.
- Des méthodes ou outils publics connus ne permettaient pas d’atteindre l’objectif visé.
- Le projet a nécessité des ajustements d’architecture, d’algorithme ou de procédé en cours de route.
- Des itérations ont échoué avant qu’une solution fonctionnelle soit trouvée.
Un projet qui se limite à configurer un logiciel commercial ou à corriger des anomalies courantes ne répond généralement pas à ces critères, même s’il exige beaucoup de temps.
| Type d’activité en démarrage | Statut au RS&DE | Pourquoi |
|---|---|---|
| Développement d’un algorithme dont le comportement est incertain | Admissible | L’incertitude technologique est documentée par essais successifs |
| Test d’un nouveau matériau pour répondre à une contrainte technique inédite | Admissible | Démarche systématique face à un problème non résolu d’avance |
| Intégration standard d’un système de gestion commercial existant | Non admissible | Méthode connue, sans incertitude technologique réelle |
| Correction de bogues courants dans une application | Non admissible | Activité de maintenance plutôt que de développement |
| Étude de marché avant le lancement d’un produit | Non admissible | Activité explicitement exclue par l’ARC |
RS&DE avant profits, un financement non dilutif
Contrairement à une ronde de financement, le RS&DE avant profits ne dilue pas la participation des actionnaires. Pour une startup qui cherche à préserver son capital-actions, ce crédit remboursable agit comme une source de liquidités complémentaire aux investissements privés, sans céder de parts de l’entreprise.
RS&DE première réclamation, les étapes à suivre
Une première réclamation RS&DE demande une préparation qui commence bien avant la fin de l’année financière. La documentation technique est souvent l’élément le plus négligé par les jeunes entreprises, alors qu’elle constitue la base de toute demande solide.
Les étapes essentielles à respecter :
- Identifier les projets qui comportent une réelle incertitude technologique, projet par projet.
- Documenter les hypothèses, les essais réalisés et les conclusions au fil du développement.
- Faire le suivi des salaires, des heures et des frais de sous-traitance liés à chaque projet.
- Préparer les formulaires requis, dont le T661 et l’annexe 31, avec les montants exacts.
- Considérer l’ajout du crédit d’impôt québécois complémentaire, comme le crédit d’impôt remboursable pour la R-D, l’innovation et la précommercialisation, qui remplace les anciens crédits provinciaux pour les années d’imposition débutant après le 25 mars 2025.
Documents à conserver dès le premier jour
Une startup qui attend la fin de l’exercice financier pour rassembler ses preuves techniques part souvent avec un désavantage important. Les documents suivants, conservés au fil du développement, facilitent grandement la préparation d’une première demande :
- Des notes datées décrivant l’hypothèse technique testée et le résultat obtenu.
- Un registre des heures travaillées par projet, même approximatif au départ.
- Les échanges d’équipe (courriels, tickets, comptes rendus) qui montrent la progression des essais.
- Les factures de sous-traitants ou de fournisseurs liées directement au développement technique.
Ces traces, même simples, permettent ensuite de reconstituer une narration technique crédible plutôt que de tenter de la rédiger de mémoire plusieurs mois plus tard.
La réclamation doit être déposée dans les 18 mois suivant la fin de l’année d’imposition où les dépenses ont été engagées, sans quoi le droit au crédit est perdu de façon définitive. Les étapes officielles à suivre avant de produire une demande sont détaillées par l’Agence du revenu du Canada.
Une évaluation initiale, réalisée avant même de commencer à documenter un projet, permet de confirmer l’admissibilité et d’éviter d’investir du temps dans une demande qui présente un risque élevé de refus. Réservez une consultation gratuite avec un spécialiste des crédits d’impôt pour clarifier la portée de votre premier dossier.
Les pièges les plus fréquents en début de parcours
Beaucoup d’entreprises en démarrage perdent une partie de leur crédit, ou voient leur demande refusée, à cause d’erreurs évitables. Le manque de documentation technique contemporaine est la cause la plus commune de rejet, suivi de près par une description trop commerciale des travaux plutôt que technique.
Un guide détaillé sur les erreurs de réclamation RS&DE recense les pièges les plus fréquents, dont la confusion entre incertitude technologique et simple complexité de mise en œuvre. Cette distinction est particulièrement importante pour une entreprise en développement logiciel, où la frontière entre ingénierie routinière et véritable recherche est parfois difficile à tracer sans accompagnement technique.
Le détail des taux et de la méthode de calcul du crédit permet de mieux évaluer le potentiel financier réel d’un premier dossier, avant de s’engager dans la préparation complète de la demande.
RS&DE startup PME, une étape stratégique à ne pas repousser
Retarder sa première réclamation ne fait que reporter un financement auquel une jeune entreprise a déjà droit. Le RS&DE startup PME reconnaît que l’innovation comporte des risques dès les premières années, et le programme a précisément été conçu pour soutenir ces efforts avant que l’entreprise n’atteigne sa vitesse de croisière.
Une évaluation initiale prend généralement peu de temps et permet de clarifier la portée du crédit avant d’engager des ressources internes dans la documentation. Discutez avec un expert en subventions pour structurer une première réclamation solide dès le départ.
Foire aux questions
Le RS&DE startup PME s’applique-t-il avant d’être rentable?
Oui. Le RS&DE startup PME ne tient pas compte de la rentabilité de l’entreprise ni de son chiffre d’affaires. Une société privée sous contrôle canadien peut recevoir un crédit remboursable en argent même en situation de perte fiscale, ce qui en fait un outil de financement accessible dès les toutes premières années d’activité, tant que les critères techniques du programme demeurent respectés tout au long du projet.
Combien de temps faut-il pour recevoir un premier remboursement RS&DE?
L’Agence du revenu du Canada vise un traitement en 60 jours civils pour les demandes acceptées telles que produites, une fois le dossier complet reçu par le centre fiscal responsable. Les demandes sélectionnées pour un examen technique prennent généralement plus de temps, souvent jusqu’à 180 jours civils, ce qui souligne l’importance d’une documentation technique complète et cohérente dès le tout premier dépôt d’une jeune entreprise en démarrage.
Faut-il être incorporé pour réclamer le RS&DE?
Les sociétés privées sous contrôle canadien obtiennent le taux de crédit remboursable le plus avantageux, mais des particuliers et des sociétés de personnes peuvent aussi réclamer une partie du crédit selon leur structure juridique et leur situation fiscale. Le statut de l’entreprise et son mode d’incorporation influencent directement le taux applicable, la portion remboursable et la marche à suivre pour préparer une demande conforme aux exigences actuelles de l’ARC.
Elie Karam
Président
Expert en subventions et crédits d'impôt, Elie Karam accompagne les entreprises québécoises dans l'obtention de financement gouvernemental depuis plus de 15 ans. Sa passion pour l'innovation et son expertise approfondie des programmes d'aide financière font de lui un conseiller de choix pour maximiser vos retours.
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